Attendez, John Lithgow ? Le tueur en série de Dexter ou le dictateur rigolo de Shrek en directeur de Poudlard ? Oui, vous avez bien lu. HBO vient de lancer un sortilège de confusion massif sur la fanbase en annonçant l’acteur américain pour reprendre la baguette de sureau. Un choix qui fait grincer des dents outre-Manche, mais qui, à y regarder de plus près… pourrait bien être le coup de maître qu’on n’avait pas vu venir.
Un Dumbledore “Made in USA”, vraiment ?
C’est la première chose qui frappe, évidemment. On touche ici au sacré. J.K. Rowling avait, à l’époque des films, imposé un casting 100% britannique, une règle d’or qui semblait immuable. Et là, boum. On nous ramène un acteur né à Rochester, New York. Forcément, les puristes sont en train de s’étouffer avec leur Bièraubeurre.
Mais bon, soyons honnêtes deux minutes. Lithgow a cette gravité, cette capacité à basculer du grand-père bienveillant à l’inquiétant manipulateur en un claquement de doigts. Exactement ce qu’il faut pour le Dumbledore des derniers tomes, celui qui n’est plus juste un vieux sage rigolo, mais un stratège de guerre fatigué. D’ailleurs, l’acteur lui-même, du haut de ses 79 ans, ne cache pas son appréhension. Il a avoué que ce rôle allait probablement définir le “dernier chapitre” de sa carrière. Une lucidité touchante qui colle, je trouve, parfaitement à la mélancolie du personnage.

L’ombre des géants et les hasards du calendrier
Reprendre le flambeau après Richard Harris et Michael Gambon, c’est un peu comme essayer de passer après les Beatles pour un concert de charité. C’est… intimidant. D’ailleurs, petite anecdote savoureuse : Richard Harris avait failli refuser le rôle à l’époque. Il l’a finalement accepté uniquement parce que sa petite-fille l’avait menacé de ne plus jamais lui adresser la parole s’il disait non. Une pression familiale assez efficace, faut croire.
Lithgow, lui, n’a pas eu besoin de chantage affectif, mais le destin semble s’en être mêlé d’une autre manière. Figurez-vous qu’il partage exactement la même date d’anniversaire que Michael Gambon. Un détail, certes, mais dans l’univers des sorciers, on n’aime pas trop croire aux coïncidences, n’est-ce pas ? C’est comme si le rôle l’attendait, tapi dans l’ombre, attendant juste qu’il soit assez “vénérable” pour l’endosser.
Un engagement au long cours
Le vrai défi, au-delà de l’accent qu’il devra travailler (pitié, pas de British forcé façon caricature), c’est la durée. On parle d’une série étalée sur une décennie. Lithgow a plaisanté – enfin, à moitié – en disant qu’il aurait 87 ans à la fin du tournage. C’est une course contre la montre, littéralement. Mais c’est aussi ce qui rend ce casting fascinant : on va voir un Dumbledore vieillir réellement avec ses élèves, se fragiliser physiquement tout en gagnant en puissance scénique.
Alors, hérésie ou coup de génie ? Seul l’avenir nous le dira. Mais si Lithgow arrive à nous faire oublier sa nationalité dès sa première réplique dans la Grande Salle, HBO aura gagné son pari.
Et vous, prêt à voir le “Trinity Killer” donner des points à Gryffondor, ou c’est définitivement un “Avada Kedavra” pour votre intérêt ?




