Imaginez un instant. Vous codez un petit outil un week-end de novembre, juste pour vous amuser avec Claude et WhatsApp. Trois mois plus tard ? Vous vous retrouvez avec 100 000 étoiles sur GitHub, 2 millions de visiteurs qui débarquent sur votre site en une semaine, et… une arnaque crypto à 16 millions de dollars qui porte votre nom.
Si vous avez traîné sur les réseaux ou GitHub ces derniers jours, vous n’avez pas pu rater le logo du petit homard rouge. C’est OpenClaw, le phénomène open source du moment. Enfin, “OpenClaw” depuis le 30 janvier 2026 exactement. Avant ça, c’était autre chose. C’est compliqué. « Le homard a mué pour prendre sa forme définitive », a tweeté l’équipe, sans doute soulagée d’en finir avec cette semaine de dingue.

Du jeu de mots au casse-tête juridique
Tout part d’une blague en novembre 2025 : « Clawdbot ». Un mix entre Claude (le modèle d’IA) et “claw” (la pince). Mignon, non ? Sauf que l’équipe juridique d’Anthropic n’a pas franchement ri. Ils ont poliment demandé un changement de nom pour protéger leur marque.
L’équipe de Peter Steinberger, le créateur, improvise alors un brainstorming nocturne sur Discord. Il en ressort « Moltbot ». Sur le papier, ça passe. À l’oral… c’est une autre histoire. Personne n’arrive à le prononcer correctement. C’est pâteux, ça accroche.
Je discutais l’autre jour avec un développeur français très actif sur GitHub, qui a suivi l’affaire en direct. Il m’a dit en rigolant : « J’ai dû mettre à jour mes scripts d’installation trois fois en quatre jours. À la fin, je ne savais même plus ce que j’installais. C’était kafkaïen, mais impossible de décrocher. C’était comme suivre une série Netflix, mais avec du code. ».
« Votre assistant IA local. Votre machine. Vos règles. »
Pourquoi un tel engouement ? Parce qu’OpenClaw n’est pas un énième wrapper ChatGPT. C’est un véritable assistant IA local.
Contrairement aux géants du cloud où vos données partent on ne sait où, ici, tout tourne chez vous. Sur votre propre machine. Vous connectez l’assistant à vos applis du quotidien : WhatsApp, Telegram, Discord, Slack. C’est cette promesse de souveraineté numérique – “Votre machine. Vos règles” – qui séduit massivement.
Les pros adorent parce qu’ils peuvent auditer le code. Les particuliers, eux, retrouvent enfin un peu de contrôle. Mais bon, la liberté totale, ça a aussi un prix. Parfois élevé.
Viralité et crypto-arnaques : la rançon du succès
L’ascension a été si brutale qu’elle a attiré les requins. C’était inévitable, j’ai envie de dire. Pendant le flou artistique du changement de nom, des escrocs ont sauté sur l’occasion.
Ils ont récupéré d’anciens comptes Twitter abandonnés par le projet et ont lancé un faux token, le $CLAWD, sur la blockchain Solana. En quelques heures, la capitalisation a grimpé à 16 millions de dollars… avant de s’effondrer aussi vite. Des gens ont perdu de l’argent. Beaucoup d’argent. Juste à cause d’une confusion de nom.
Sécurité : le cauchemar des installations mal configurées
L’autre souci, plus technique celui-là, c’est la sécurité de l’outil lui-même. Des chercheurs de Bitdefender et d’Axios ont tiré la sonnette d’alarme.
En scannant le web, ils ont trouvé des tonnes de panneaux de contrôle OpenClaw ouverts aux quatre vents. Historiques de conversations, clés API, tout était accessible. L’équipe a réagi super vite avec 34 mises à jour de sécurité en quelques jours. Mais le problème de l’injection de prompts – vous savez, ces commandes cachées qui manipulent l’IA – reste un vrai défi.
Un expert en cybersécurité toulousain me confiait récemment autour d’un café : « Le problème avec OpenClaw, c’est pas le code, c’est l’enthousiasme. Les gens installent ça sur leur serveur sans rien sécuriser, juste pour “voir si ça marche”. C’est comme laisser ses clés sur la porte en plein centre-ville. »
L’avenir : maturité ou déclin ?
Peter Steinberger est maintenant face à un mur : comment gérer ça ? Ce n’est plus un projet de week-end. Il recrute, cherche des financements, structure l’équipe.
Pour Kaoutar El Maghraoui d’IBM, c’est une preuve de concept fascinante. Elle estime que cela prouve qu’on n’a pas besoin d’être Google ou Microsoft pour créer des agents IA utiles et autonomes. La communauté peut le faire.
La vraie question maintenant, c’est de savoir si OpenClaw va se stabiliser ou s’il va finir comme tant d’autres projets viraux : oublié dans six mois. Le homard a mué, c’est un fait. Reste à voir s’il peut survivre hors de son aquarium.




Moltbot assistant IA local : Génie ou danger ? Mon avis – Techbox.fr
30 janvier 2026[…] 30 janvier 2026 : Moltbot se mue en Openclaw. […]