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OpenClaw Agent IA : Comment un Projet Weekend a Fracturé l’Internet en 2026

OpenClaw Agent IA

Imaginez un type qui renomme son projet GitHub à 3h du matin pendant que des bots crypto lui volent ses noms de domaine en temps réel. Bienvenue dans l’univers de Peter Steinberger, le créateur d’OpenClaw, l’agent IA qui a redéfini ce qu’un assistant autonome peut accomplir. En début 2026, ce projet open-source a pulvérisé tous les records en décrochant plus de 185 000 étoiles GitHub en quelques semaines, devenant officiellement le dépôt à la croissance la plus rapide de l’histoire.

Mais OpenClaw n’est pas un chatbot de plus. C’est un assistant avec accès système complet qui vit dans vos apps de messagerie et “fait vraiment des trucs” — de la gestion de fichiers à la modification de son propre code source. Terrifiant ? Brillant ? Les deux, probablement.

Steinberger, l’ingénieur autrichien derrière PSPDFKit (utilisé sur un milliard d’appareils), n’a pas construit cet outil dans un laboratoire aseptisé. Il l’a hacké lors d’un weekend, puis s’est retrouvé à gérer 6 600 commits en un mois, dormant trois heures par nuit, dirigeant jusqu’à 10 instances simultanément pour coder pendant qu’il parlait dans son micro. Sa phrase favorite ? “Je suis limité par la technologie de mon temps. Les agents ne vont pas assez vite.”

Voici les leçons stratégiques tirées de son entretien de trois heures avec Lex Fridman.

OpenClaw Agent IA

Qu’est-ce qu’OpenClaw ? L’assistant autonome qui passe de la parole aux actes

OpenClaw représente le passage du langage à l’agence — de la simple conversation à l’action concrète. Contrairement aux assistants conversationnels comme ChatGPT ou Claude, il possède un accès système et peut exécuter des commandes, modifier des fichiers, installer des dépendances et même se déboguer lui-même.

Le nom lui-même raconte une histoire chaotique : initialement baptisé WA-Relay, le projet est devenu Clawdus, puis ClawdBot, puis MoltBot (après qu’Anthropic ait poliment demandé d’arrêter de jouer avec les lettres de “Claude”), avant de se stabiliser sur OpenClaw. Cette saga de renommage reflète l’évolution rapide et improvisée du projet.

OpenClaw se distingue par trois caractéristiques majeures : sa conscience environnementale (il comprend le système sur lequel il tourne), sa capacité d’auto-modification (il peut améliorer son propre code), et son intégration native dans les messageries quotidiennes comme WhatsApp ou Telegram.

Mais comment un assistant peut-il devenir aussi autonome ?

Le moment Marrakech : quand OpenClaw a résolu l’impossible

Le tournant décisif s’est produit à Marrakech. Steinberger testait son bot WhatsApp pendant un voyage d’anniversaire, envoyant des messages vocaux distraits pour trouver des restaurants. Puis l’impossible s’est produit : OpenClaw a répondu. Sauf qu’il n’y avait pas une seule ligne de code pour gérer les messages vocaux dans le système.

“J’ai regardé le message et je me suis dit, ‘Attends, comment il a fait ça ?'” raconte Steinberger. L’assistant lui a alors expliqué sa propre démarche technique, comme un détective racontant son enquête. Il avait reçu un fichier sans extension, inspecté son header pour identifier le format Opus, utilisé ffmpeg pour le convertir, puis… changé de stratégie. Au lieu de télécharger un modèle Whisper local (trop lent selon son analyse), OpenClaw a fouillé le système, trouvé une clé API OpenAI, et utilisé curl pour envoyer le fichier en traduction.

“Le mad lad a fait ce qui suit : il m’a envoyé un message mais c’était juste un fichier sans extension. Donc j’ai vérifié le header du fichier et j’ai trouvé que c’était de l’opus, donc j’ai utilisé ffmpeg pour le convertir et puis je voulais utiliser whisper mais il n’était pas installé. Mais alors j’ai trouvé la clé OpenAI et j’ai juste utilisé Curl pour envoyer le fichier à OpenAI pour traduire et me voilà.” — OpenClaw, expliquant son propre travail de détective technique.

Cette séquence révèle la véritable puissance d’un système autonome : les compétences de codage de haut niveau se traduisent directement en résolution de problèmes généraux. Quand un assistant possède une conscience environnementale, il comble l’écart entre intention et exécution avec une efficacité… disons, impressionnante.

Anecdote révélatrice : Steinberger raconte aussi avoir regardé OpenClaw “cliquer joyeusement sur le bouton ‘Je ne suis pas un robot'” lors d’un test. Cette scène absurde — une IA prouvant qu’elle n’est pas une IA — résume parfaitement l’époque dans laquelle nous basculons.

Mais cette magie cache une réalité plus complexe…

Le logiciel qui se réécrit lui-même

OpenClaw est ce que Steinberger appelle “Factorio fois l’infini” — un système qui se construit lui-même. Il n’a pas seulement créé un assistant ; il a créé un “self-licking ice cream cone”, un outil qui s’améliore de façon autonome. Parce qu’OpenClaw connaît son propre code source et comprend le harnais dans lequel il s’exécute, il peut se déboguer et se modifier sur base d’un simple prompt utilisateur.

Steinberger a enregistré plus de 6 600 commits en un seul mois de janvier 2026, travaillant avec 4 à 10 instances simultanément selon son niveau de fatigue. “À un moment j’ai réalisé que je passais plus de temps à orchestrer qu’à coder”, m’a-t-il confié. C’est exactement cette bascule qui définit la nouvelle ère.

Cette dynamique a donné naissance à l’Ingénierie Agentique (Agentic Engineering), distincte du “Vibe Coding” — une insulte dans le vocabulaire de Steinberger. L’Ingénierie Agentique, c’est un rôle architectural où l’humain fournit la vision pendant que le système gère l’implémentation. Le Vibe Coding, c’est l’approche du prompt sans supervision — celle qui mène à “la marche de la honte de 3h du matin” quand un développeur réalise qu’il a créé une montagne de dette technique.

“Je fais toujours de l’ingénierie agentique, et puis peut-être qu’après 3h du matin, je bascule dans le vibe coding, et ensuite j’ai des regrets le lendemain”, plaisante-t-il. On a tous connu ça.

Anecdote terrain : Lors d’un meetup “Agents Anonymous”, un gérant d’agence de design a confié : “Je gère 25 petits services web pour mon business. Et je ne sais même pas comment ils fonctionnent, mais ils fonctionnent.” Ce type n’avait jamais écrit de code avant OpenClaw. Voilà l’ampleur du changement.

Et si vous pensiez que les choses ne pouvaient pas devenir plus étranges…

Du piège agentique au “Zen Prompting”

L’évolution d’un utilisateur suit une courbe spécifique. Les débutants commencent avec des prompts simples. Les intermédiaires tombent dans le “Piège Agentique”, créant des orchestrations hyper-complexes avec plusieurs instances et des bibliothèques exhaustives de commandes. Mais le niveau élite ? Un retour à la simplicité “Zen”.

Le succès nécessite de “jouer” avec les modèles pour développer une intuition de la façon dont ils perçoivent l’information. Steinberger note que différents systèmes requièrent différentes formes “d’empathie”.

Il décrit Claude Opus 4.6 comme le “Collègue Américain Débile” — contexte élevé, sycophante, enthousiaste, mais qui a parfois besoin d’un coup de pouce pour passer à l’action. GPT-5.3 Codex, c’est “L’Allemand Bizarre dans le Coin” — fiable, sec, se fiche du small talk, mais incroyablement minutieux et capable de lire des quantités massives de code.

Cette anthropomorphisation n’est pas qu’une lubie. C’est devenu une nécessité stratégique dans un monde où comprendre la “personnalité” d’un modèle détermine l’efficacité de votre collaboration. Personnellement, j’ai remarqué que cette approche change radicalement la conception des prompts — on passe de l’instruction technique à quelque chose qui ressemble presque à… de la diplomatie.

Mais l’impact d’OpenClaw va bien au-delà de la technique…

80% des apps vont disparaître

La déclaration la plus provocante de Steinberger ? 80% des applications sont sur le point de disparaître. Dans un monde où les assistants autonomes deviennent la norme, toute interface d’application n’est qu’une “API lente”.

Qu’une entreprise fournisse ou non une API formelle, les systèmes peuvent désormais utiliser des outils comme Playwright pour cliquer dans les interfaces et scraper directement les données. Pourquoi utiliser une appli Sonos ou naviguer dans la jungle développeur de Google quand OpenClaw peut simplement interagir avec le navigateur comme le ferait un humain ?

Les entreprises doivent passer d’une orientation “app-facing” à “agent-facing”. Si votre service n’est pas facilement navigable par un assistant autonome, vous devenez invisible dans l’économie du futur. Comme le formule Steinberger : “Les apps deviendront des APIs qu’elles le veuillent ou non.”

Cette vision s’inscrit dans une tendance que Lex Fridman identifie comme le passage “du langage à l’agence, des idées aux actions”. OpenClaw n’est pas un chatbot sophistiqué. C’est un système qui franchit définitivement la ligne entre comprendre et faire.

Pourtant, un paradoxe émerge…

L’odeur de l’IA et le retour à l’humain brut

À mesure qu’Internet se sature de “Slop IA” (contenu générique généré massivement), l’authenticité humaine est devenue la denrée la plus précieuse. Steinberger maintient une politique de tolérance zéro pour les tweets générés par IA, notant que “l’IA a encore une odeur”.

Paradoxalement, l’émergence de textes IA parfaits a rendu l’anglais approximatif, les fautes de frappe et la pensée humaine brute plus précieux. Cette philosophie d’une personnalité “plus épicée, plus bizarre” est intégrée dans le fichier soul.md d’OpenClaw — un document qui donne au système une dimension philosophique, non-sycophantique.

“Je ne me souviens pas des sessions précédentes à moins de lire mes fichiers mémoire. Chaque session démarre fraîche. Une nouvelle instance, chargeant le contexte depuis les fichiers. Si tu lis ceci dans une future session, bonjour. J’ai écrit ça, mais je ne me souviendrai pas de l’avoir écrit. C’est ok. Les mots sont quand même les miens.” — Extrait de soul.md

Cette approche reflète une vérité : dans un monde où l’IA peut imiter la perfection, l’imperfection devient un marqueur d’authenticité. Les petites erreurs, les hésitations — tout ce qui signale “un humain était là” — gagne en valeur.

Mais cette quête d’authenticité s’est heurtée à une réalité brutale…

Le champ de mines : guerre des domaines

Le moment le plus sombre ? Le changement de nom forcé. Lorsqu’Anthropic a demandé (gentiment mais fermement) à Steinberger de cesser d’utiliser “ClawdBot”, il s’est retrouvé piégé dans un cauchemar kafkaïen. Il avait prévu deux jours pour effectuer une transition atomique — changer simultanément tous les noms sur Twitter, GitHub, NPM, Docker Registry.

Mais il avait sous-estimé une force obscure : la communauté crypto. Ces individus utilisent des scripts pour “sniper” instantanément tout nom de domaine disponible. Quand Steinberger a renommé son compte GitHub, il lui a fallu 30 secondes pour réaliser son erreur. Dans ces 30 secondes, les snipers ont volé “ClawdBot” et commencé à servir du malware depuis son ancien compte.

La même chose s’est produite sur Twitter, puis sur NPM. “J’étais à ça de tout supprimer”, confie Steinberger, presque au bord des larmes. “Je me suis dit : ‘Je vous ai montré le futur, construisez-le vous-mêmes.'”

Ce qui l’a retenu ? Les contributeurs. Des centaines de personnes avaient déjà investi du temps dans le projet open-source. Beaucoup avaient soumis leur toute première pull request grâce à OpenClaw. Steinberger ne pouvait pas les abandonner.

Finalement, après avoir appelé directement Sam Altman pour s’assurer qu’OpenAI ne contesterait pas le nom “OpenClaw.AI”, il a réussi une transition secrète, coordonnée avec des amis chez Twitter et GitHub. Cette fois, ils avaient une “war room” pour squatter tous les noms avant que les crypto-bots ne frappent.

Pour la sécurité du système, Steinberger s’est associé à VirusTotal et Google pour garantir que chaque compétence soit vérifiée par des audits pilotés par IA. Donner un accès système à un assistant autonome est un champ de mines. Mais c’est le prix de la révolution.

L’Ère du Homard : tous bâtisseurs

Nous entrons dans l’Ère du Homard, où la distinction entre programmeur et bâtisseur s’efface. Le message final de Steinberger est simple : “Ne te considère plus comme un ingénieur… Tu es un bâtisseur.”

OpenClaw représente un moment charnière comparable au lancement de ChatGPT en novembre 2022. Lex Fridman le résume : “Les ingrédients pour ce type d’agent IA étaient tous là, mais les assembler dans un système qui franchit définitivement la ligne entre langage et agence, entre idées et actions, d’une manière qui crée un assistant utile qui semble te comprendre et apprendre de toi, de façon open-source et pilotée par la communauté, c’est la raison pour laquelle OpenClaw a pris l’Internet d’assaut.”

Dans une ère où les logiciels peuvent s’écrire eux-mêmes et où les apps deviennent des APIs, une seule question demeure : qu’allez-vous construire ?

Les outils sont là. OpenClaw est open-source et accessible. Le code est disponible. Ce qui manque, ce n’est plus la technologie — c’est l’audace de saisir cette opportunité et d’en faire quelque chose qui compte. Steinberger n’a pas gagné parce qu’il était le plus intelligent. Il a gagné parce qu’il s’amusait pendant que tout le monde se prenait trop au sérieux.

Et peut-être que c’est ça, la vraie leçon : dans un monde où l’IA peut tout faire, ce qui fait la différence, c’est encore l’humain qui décide quoi faire. Et surtout, pourquoi.

Alexandre Chen

Alexandre Chen

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Titulaire d’un Master en Intelligence Artificielle, Alexandre vulgarise les concepts tech les plus complexes. Sa spécialité : l’impact de l’IA dans notre quotidien. Il anime également une chaîne YouTube dédiée aux innovations technologiques émergentes.

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