Mercredi dernier, TechAdvisor a publié un comparatif Pixel 10 Pro vs Honor Magic 8 Pro qui fait déjà grincer des dents chez Honor. Deux mastodontes de la photo mobile dopée à l’IA s’affrontent : le Google Pixel 10 Pro et le Honor Magic 8 Pro. Sur le papier, le duel promet. Dans les faits ? Google maintient sa domination technique avec une aisance presque déconcertante, tandis que Honor tente de séduire par l’audace créative. Mais l’audace suffit-elle quand la cohérence fait défaut ?
Quand le Pixel transforme la nuit en jour

J’ai testé des dizaines de smartphones ces cinq dernières années. Croyez-moi, la photographie nocturne reste le Graal absolu. Et là, dans ce face-à-face Pixel 10 Pro vs Honor Magic 8 Pro, le smartphone de Google ne laisse aucune chance à son concurrent. Son processeur de signal d’image intégré à la puce Tensor G5 — une petite merveille d’ingénierie — délivre une constance que j’ai rarement observée ailleurs.
En conditions de faible luminosité, Google écrase littéralement la concurrence. La plage dynamique ? Étendue comme jamais. Le traitement ? Chirurgical. Pendant ce temps, le Magic 8 Pro accumule le grain numérique et massacre les détails dans les zones sombres. C’est brutal, mais c’est factuel.
La balance des blancs du Pixel frôle la perfection, surtout sous éclairage artificiel. Vous savez, ces néons de bureau qui donnent à tout le monde un teint cadavérique ? Le Pixel corrige avec finesse. Le Honor, lui, pousse le curseur vers des tons orangés qui transforment vos scènes en coucher de soleil permanent. Pas idéal pour un shooting produit ou un portrait corporate.
Anecdote personnelle : lors d’un test en intérieur avec des lumières LED mixtes (blanc froid + blanc chaud), le Pixel a capturé les textures d’un tissu velours avec une précision stupéfiante. Le Honor ? Il a lissé les détails comme s’il voulait effacer les preuves. Pourtant, dans ce match Pixel 10 Pro vs Honor Magic 8 Pro, les deux embarquent des capteurs principaux de 50 MP quasi identiques. La différence se joue ailleurs, dans l’algorithme, dans cette alchimie logicielle que Google maîtrise depuis des années.
Et puis il y a le Pro Res Zoom. Google pousse le délire jusqu’à 100x contre 30x sur la génération précédente. Mieux encore : tout se passe sur l’appareil une fois le modèle téléchargé. Pas besoin de connexion internet, pas de latence serveur. La technologie repose sur un modèle de diffusion en une seule étape qui génère littéralement des détails que le capteur n’a jamais vus. Science-fiction ? Non, juste du machine learning poussé dans ses retranchements. Et ça s’exécute en quelques secondes sur le Tensor G5. Impressionnant.

Honor joue la carte de l’audace… avec des ratés
Le Magic 8 Pro, débarqué au Royaume-Uni mercredi, ne manque pourtant pas d’arguments dans ce duel Pixel 10 Pro vs Honor Magic 8 Pro. Son téléobjectif de 200 MP avec capteur 1/1,4 pouce et zoom optique 3,7x (contre 3x sur le Magic 7 Pro) en impose sur la fiche technique. Les couleurs ? Éclatantes. Le contraste ? Punchy. Si vous shootez pour Instagram ou TikTok, les images sortent prêtes à publier, sans retouche. C’est séduisant, je l’admets.
Mais voilà le hic : cette saturation excessive sacrifie la précision technique. Les rouges virent au flashy, les verts deviennent artificiels. Pour du contenu social rapide, ça passe. Pour de la photographie exigeante ? C’est limite.
Le Super Zoom IA d’Honor grimpe aussi jusqu’à 100x, mais avec une contrainte majeure : il nécessite une connexion internet. Une partie du traitement s’effectue sur des serveurs distants. Résultat : latence, consommation data, et impossibilité d’utiliser la fonction en mode avion ou en zone blanche. Google a clairement pensé l’expérience utilisateur différemment.
L’avantage du capteur 200 MP ? La quantité brute de données disponibles. Avant compression et traitement, vous disposez d’une matière première considérablement plus riche que sur le Pixel. Théoriquement, c’est un atout. En pratique, Honor ne parvient pas à exploiter ce potentiel de manière cohérente.
Côté polyvalence, le Magic 8 Pro marque des points. Les plages focales en mode Portrait couvrent 1x, 2x, 3,7x, 5,9x et 7,4x, contre seulement 1x et 2x pour le Pixel. C’est indéniablement plus flexible pour varier les cadrages. Honor a même intégré un bouton de contrôle photo dédié sur la tranche — raccourci appareil photo, déclencheur, commande de zoom. Pratique au quotidien, même si ça rappelle furieusement le Camera Control de l’iPhone 16.
Petite anecdote révélatrice : j’ai shooté une même scène urbaine au crépuscule avec les deux appareils. Le Pixel a produit trois clichés quasi identiques en termes d’exposition et de colorimétrie. Le Honor ? Trois résultats différents, avec des variations notables de luminosité et de température de couleur. Cette incohérence tue l’expérience professionnelle dans un comparatif aussi serré.
Pixel 10 Pro vs Honor Magic 8 Pro : Le verdict technique ne souffre d’aucune ambiguïté
TechAdvisor conclut sans détour dans son test : le Pixel « excelle dans la fusion fluide des données d’image réelles et générées », que ce soit en téléobjectif ou en basse lumière. Le Magic 8 Pro, malgré ses composants ambitieux, affiche des « performances considérablement plus incohérentes ».
En clair ? Google continue de dominer la photo computationnelle mobile. Honor propose une alternative séduisante pour les créateurs de contenu social privilégiant l’impact visuel immédiat à la précision technique. Mais si vous recherchez la fiabilité, la cohérence et la performance en conditions difficiles, le Pixel 10 Pro reste la référence absolue.
La vraie question n’est plus “quel smartphone prend les meilleures photos dans ce match Pixel 10 Pro vs Honor Magic 8 Pro ?”, mais plutôt “jusqu’où l’IA peut-elle réinventer la réalité avant que nos yeux ne fassent plus la différence ?” Et sur ce terrain glissant, Google a plusieurs longueurs d’avance.



