J’ai quitté Todoist après trois ans. Pas parce que l’app était mauvaise — elle faisait le travail. Mais parce qu’un matin, en regardant ma facture annuelle, j’ai réalisé que je payais pour posséder mes propres tâches. Et que quelque part, un serveur que je ne contrôle pas stockait l’intégralité de mon flux de travail. Super Productivity a changé cette équation. Radicalement.
À retenir
Super Productivity n’est pas “Todoist gratuit” et ne cherche pas à l’être. C’est un outil radicalement différent dans son approche : local-first, time-tracking natif, privacy by design, et maintenu par quelqu’un qui s’en sert tous les jours. La v18.5.0 renforce cette direction avec un Focus Mode repensé, un scheduler enrichi d’un calendrier de référence et d’exports iCal avec temps estimé, des sections de projet pour les grandes listes, et des thèmes CSS installables par l’utilisateur. Pour quitter Todoist ou Notion sur l’usage personnel et solo, c’est aujourd’hui l’option la plus solide de l’écosystème open source

Ce que Todoist et Notion ne vous disent pas
Todoist coûte entre 48 et 72 € par an selon le plan. Notion commence à 10 € par mois dès que vous avez besoin de fonctionnalités sérieuses. Ce n’est pas une fortune — mais c’est surtout de l’argent que vous payez pour ne jamais vraiment posséder votre outil. Pas d’export complet garanti, pas de mode hors ligne natif, pas de self-hosting. Si le service ferme, disparaît, ou change ses conditions, votre workflow s’effondre avec lui.
La question que personne ne pose : est-ce que vous avez vraiment besoin de tout ce que Notion vous vend, ou est-ce que vous utilisez 15% de ses fonctionnalités et payez pour l’illusion du reste ?
L’erreur que j’ai faite en migrant
Quand j’ai cherché une alternative open source pour la première fois, j’ai fait la même erreur que tout le monde : chercher un clone fonctionnel. Un outil qui ressemble à Todoist, qui se comporte comme Notion, et qui est juste gratuit en plus. Ce raisonnement m’a fait perdre six mois sur des outils bancals qui essayaient d’imiter sans jamais égaler.
La leçon brutale : une bonne alternative ne cherche pas à copier. Elle résout le même problème différemment, et souvent mieux. Super Productivity ne ressemble pas à Todoist. Il ne ressemble pas à Notion. Il a sa propre logique — centrée sur le flux de travail quotidien, le time tracking réel, et la concentration — et c’est précisément ce qui le rend supérieur pour un usage personnel ou en solo.
Ce que Super Productivity fait que Todoist ne fera jamais
Todoist gère vos tâches. Super Productivity gère votre temps sur ces tâches. C’est une différence fondamentale que la plupart des comparatifs ratent complètement.
Le time tracker intégré démarre au clic, s’attache à chaque tâche, génère un journal de travail factuel en fin de journée. Le Pomodoro configurable — 25, 50, 90 minutes selon la nature de la tâche — est lié aux tâches réelles, pas à un compteur générique. Et le Focus Mode remanié en v18.5.0 ne coupe pas l’utilisateur de son contexte planification : il s’y intègre. Todoist n’a rien d’équivalent, et ne peut pas en avoir sans refondre son architecture cloud-first.
L’intégration Jira mérite une mention à part : connexion directe à votre instance Cloud ou Data Center, tickets assignés qui remontent dans votre liste personnelle, changement de statut et time tracking sans ouvrir un seul onglet navigateur, données stockées localement sans serveur intermédiaire. Pour un développeur qui jongle entre Jira et ses propres tâches, c’est proprement imbattable.
Ce que Notion fait et Super Productivity ne prétend pas faire
Soyons honnêtes jusqu’au bout : Super Productivity n’est pas un remplacement de Notion sur le terrain des bases de données relationnelles, des wikis d’équipe, ou de la documentation collaborative. Si vous gérez une équipe et que vous avez besoin d’un espace de travail partagé avec des pages imbriquées et des vues Kanban multi-projets, regardez plutôt AppFlowy ou AFFiNE côté open source self-hostable. Ces outils sont les véritables challengers de Notion dans l’écosystème libre.
Super Productivity joue un autre rôle : il est votre cockpit personnel de productivité. L’endroit où vous atterrissez le matin, où vous planifiez votre journée, où vous tracez chaque minute de travail réel — puis où vous fermez l’app et travaillez.
Installer l’app en moins de deux minutes
Contrairement à ce que la richesse fonctionnelle pourrait laisser craindre, l’installation est triviale. Windows : Microsoft Store ou setup.exe direct. macOS : binaire universel Apple Silicon et Intel. Web : PWA sans installation, accessible depuis n’importe quel navigateur. Android et iOS : apps natives sur les stores respectifs.
Sur Linux, le choix est large et tout est documenté : Flatpak via flatpak install flathub com.super_productivity.SuperProductivity, Snap via sudo snap install superproductivity, AppImage pour les puristes, AUR pour les utilisateurs Arch. Aucune option ne nécessite de compte. Aucune ne collecte quoi que ce soit. La sync reste optionnelle via WebDAV, Dropbox ou Super Sync — votre choix, pas celui de l’éditeur.
Il y a quelque chose d’inconfortable dans le fait de dépendre d’un outil que vous ne contrôlez pas pour organiser ce que vous contrôlez le moins : votre temps et votre attention. Super Productivity ne résout pas tout — aucun outil ne le fait. Mais il pose une question que Todoist et Notion ne poseront jamais : et si la meilleure app de productivité était celle qui n’avait aucun intérêt financier à vous garder dedans ?




