C’est le genre de nouvelle qui vous fait d’abord lever un sourcil, sceptique, avant de vous faire sourire bêtement. Nick Frost. En Hagrid. Le Hagrid. Succéder au regretté Robbie Coltrane semblait être une mission suicide — un peu comme essayer de voler un œuf à un Magyar à pointes sans balai — et pourtant, HBO a tranché. Et vous savez quoi ? Plus on y pense, plus ce choix résonne comme une évidence brutale. Mais oubliez deux secondes l’image du “copain rigolo” de Simon Pegg ; ce que Frost prépare pour 2027 risque de nous prendre aux tripes bien plus qu’on ne l’imagine.
Alors, génie ou sacrilège ?
L’ombre de Coltrane et la lumière de Frost
On ne va pas se mentir, la barre est haute. Robbie Coltrane a littéralement défini le personnage pour une génération. Mais copier sa performance serait une erreur fatale, et Nick Frost l’a bien compris. Ce qui est fascinant ici, c’est l’approche. Frost ne cherche pas à être le “géant doux” un peu bête.
Il y a cette anecdote, assez révélatrice, qui circule depuis son interview avec Collider. Alors que tout le monde s’attendait à ce qu’il parle de la “magie” ou de la “gentillesse” d’Hagrid, Frost a lâché une bombe : il voit Hagrid comme un “enfant dangereux”. Un gosse perdu, violent par maladresse, mais profondément aimant. C’est… c’est brillant, non ? Ça capture cette imprévisibilité du personnage des livres que les films avaient parfois lissée. On sent qu’il ne va pas juste jouer Hagrid, il va le défendre.
Et c’est là que ça devient intéressant pour la suite…

Plus qu’un acteur comique (la preuve par Gueulfor)
Si vous doutez encore de sa capacité à incarner une figure paternelle brute de décoffrage, jetez un œil à son rôle de Gueulfor (Gobber) dans le live-action de Dragons. C’était le test grandeur nature.
Je me souviens avoir lu une critique d’un fan pur et dur après avoir vu les premières images de Frost dans ce rôle. Il disait en substance : “Si ce gars peut regarder un dragon dans les yeux avec cet air de folie douce et de sagesse bourrue, il peut garder les clés de Poudlard.” C’est exactement ça. Frost possède cette chaleur naturelle, ce truc dans le regard qui vous fait sentir en sécurité, même quand le chaos règne autour. Il n’a pas besoin de forcer la sympathie ; elle est là, incrustée dans son jeu.
Mais attention, la bonhomie n’est qu’une façade.
Un casting qui respire l’intelligence
Au-delà de Frost, c’est toute la direction de la série qui semble s’aligner. Avec des pointures comme John Lithgow en Dumbledore ou Paapa Essiedu en Rogue, Frost ne sera pas isolé. Il va devoir tenir tête à des monstres de théâtre.
C’est d’ailleurs ce qui manquera peut-être aux puristes : la nostalgie. Mais cette nouvelle mouture, prévue pour durer une décennie, a besoin de sang neuf. Nick Frost apporte une physicalité différente, peut-être moins “théâtrale” que Coltrane, mais plus… viscérale ? Organique. On imagine déjà les scènes dans sa cabane, non plus comme des interludes comiques, mais comme des moments de répit cruciaux, un peu sales, un peu bruyants, où Harry (joué par le jeune Dominic McLaughlin) trouvera un vrai refuge.
Reste une question : son accent du West Country sera-t-il à la hauteur ?
Verdict anticipé
On est en janvier 2026, la série n’arrive que l’année prochaine, et pourtant, l’image de Frost avec cette barbe broussailleuse est déjà imprimée sur nos rétines.
C’est un pari, oui. Mais un pari calculé. Nick Frost a l’étoffe pour transformer le Gardien des Clés en quelque chose de nouveau, sans trahir l’héritage. Il ne remplacera jamais Robbie — personne ne le peut — mais il pourrait bien devenir notre Hagrid pour les dix prochaines années. Et franchement, j’ai hâte de le voir cuisiner ces gâteaux durs comme de la pierre.
Pas vous ?




