Vous avez déjà calculé combien vous coûte votre outil de suivi des temps sur cinq ans ? Faites le compte vite fait : 10 euros par mois, multipliés par douze mois, puis par cinq ans… et ça grimpe à 600 euros. Par utilisateur. Pour un logiciel qui, au fond, ne fait qu’enregistrer des heures dans une base de données. C’est un peu comme louer un appartement toute votre vie alors que vous pourriez en posséder un.
Le piège des solutions propriétaires (et comment on y tombe tous)
On commence par l’essai gratuit. Toggl, Harvest, Clockify… l’interface est jolie, ça marche tout seul. Puis vient le moment où l’éditeur augmente ses tarifs. Ou décide de fermer son service. Ou pire, se fait racheter et modifie ses conditions d’utilisation. Vous voilà coincé, avec des années de données bloquées dans un format fermé.
J’ai connu un développeur freelance, Marc, qui avait bâti toute sa gestion de projet sur un outil propriétaire prometteur. Trois ans plus tard, l’entreprise a fermé. Résultat ? Il a dû exporter ses données en CSV, perdre la moitié de l’historique, et repartir de zéro. Une semaine de travail envolée juste pour migrer. Ce genre de mésaventure, dans le monde du logiciel, c’est presque banal.
C’est là qu’intervient le logiciel time tracking open source. Pas une simple alternative gratuite. Une philosophie différente où vous reprenez le contrôle.

Kimai : quand un développeur autrichien change la donne
En 2006, Torsten Höltge lance la première version de Kimai. Le projet marche bien, mais en 2009, il veut jeter l’éponge. Kevin Papst, développeur PHP freelance basé à Vienne, tombe sur le projet. Au lieu de laisser mourir le logiciel, il propose de prendre la relève. Juste comme ça, entre deux missions.
Ce qui devait être un simple hobby de maintenance devient, en 2018, son activité principale. Sans lever de fonds, sans business angels, juste avec ses économies et des contrats freelance à côté. Aujourd’hui, Kimai est utilisé par des milliers d’entreprises, des freelances aux organisations comptant des centaines d’utilisateurs.
Kevin raconte souvent ses débuts comme un “cas de conscience”. Il pouvait laisser mourir un outil utile, ou y consacrer ses soirs et week-ends. Il a choisi la seconde option. Dix ans plus tard, il gagne sa vie grâce à cette décision. Une belle histoire de persévérance, dans un écosystème où beaucoup de projets open source meurent faute de maintien.
Pourquoi un logiciel time tracking open source change tout
Le code est public. Vérifiable. Modifiable. Si demain Kevin arrête, la communauté peut reprendre le flambeau. Vos données ne disparaissent pas dans la nature. Vous pouvez auto-héberger Kimai sur votre propre serveur, chez l’hébergeur de votre choix, en Allemagne, en France, chez vous.
L’interface est épurée. Pas de fonctions gadget qui vous perdent. Vous lancez un chronomètre, vous l’arrêtez, vous associez à un client et un projet. Le reporting se fait par utilisateur, par période, par activité. Les factures génèrent automatiquement à partir des temps enregistrés, en PDF ou en Word, avec des templates personnalisables.
Et puis il y a cette API JSON complète. Vous voulez connecter Kimai à votre CRM ? À votre logiciel de comptabilité ? C’est possible. Vous souhaitez un mode borne-pointeuse où vos employés ne font qu’embosser sans modifier leurs entrées ? Un paramètre à activer. Un portail client pour partager les statistiques avec vos clients via une URL secrète ? C’est là.
Ce que les utilisateurs retiennent vraiment
Un avis sur Capterra résume bien la chose : « Facile à installer, relativement simple à utiliser. Export mensuel rapide dans plusieurs formats. Les environnements auto-hébergés maintiennent vos données en sécurité. »
L’autre point fort, c’est la transparence. Dans un monde où les scandales de protection des données se multiplient, savoir exactement où vont ses informations devient un critère de choix. Avec Kimai, pas de clauses cachées, pas de revente de données métier, pas de surprise sur les tarifs. Parce qu’il n’y a pas de tarifs, si vous choisissez la version self-hosted.
Alors, prêt à tester ?
La question n’est pas vraiment si vous avez besoin d’un logiciel time tracking open source. C’est plutôt : combien de temps encore allez-vous payer pour quelque chose que vous pourriez contrôler ?
L’installation prend une quinzaine de minutes sur un serveur basique. PHP, une base MySQL ou MariaDB, c’est tout. Vous pouvez essayer sans engagement, migrer vos données historiques progressivement, comparer avec votre solution actuelle. Le risque est nul. Le gain potentiel, en autonomie et en économies, se compte en milliers d’euros sur le long terme.
Kimai, c’est la preuve qu’un logiciel libre peut rivaliser avec des solutions propriétaires établies, tout en respectant votre souveraineté numérique. Une option que méritent toutes les entreprises qui prennent le temps au sérieux.
FAQ : tout ce qu’on vous a pas dit sur le logiciel time tracking open source
C’est vraiment gratuit, ou il y a une arnaque quelque part ?
Non, pas d’arnaque. Le code est là, sur GitHub, téléchargeable par n’importe qui. C’est la quintessence de l’open source : vous ne payez pas de licence parce que personne ne vous vend de licence. En revanche — et c’est important — si vous choisissez l’auto-hébergement, il vous faudra un serveur. Ce serveur, il a un coût. Mais ce coût revient à environ 5 euros par mois chez la plupart des hébergeurs, ce qui représente quand même une économie de 90% par rapport aux solutions propriétaires. Kevin Papst, le créateur, finance son travail via Kimai Cloud (la version SaaS), mais la version téléchargeable reste totalement libre. Une dualité qui fait tourner la boutique sans piéger l’utilisateur.
Et si je ne suis pas développeur, je vais galérer à l’installer ?
Honnêtement ? Ça dépend de votre aisance technique. Si vous savez déployer un WordPress, Kimai ne vous posera aucun problème. C’est du PHP classique, une base MySQL, et c’est tout. Le processus prend une quinzaine de minutes si vous suivez la documentation. En revanche, si les termes « base de données » ou « FTP » vous font déjà suer, passez par la version cloud. Ou demandez à votre prestataire informatique habituel. L’installation reste du niveau « débutant motivé », pas « expert certifié ». J’ai connu une consultante en RH, vraiment pas tech, qui s’en est sortie seule en suivant un tutoriel YouTube. Elle a envoyé un mail de victoire à Kevin après coup. Il l’a citée dans sa newsletter, ravide voir que son outil démocratisait l’auto-hébergement.
C’est sécurisé, un logiciel dont tout le monde peut voir le code ?
C’est justement parce que tout le monde peut voir le code que c’est sécurisé. Paradoxal, non ? Mais réfléchissez : quand un logiciel propriétaire a une faille, personne ne le sait sauf celui qui l’exploite. Avec Kimai, des milliers de développeurs scrutent le code régulièrement. Des audits de sécurité sont publiés. Les failles, quand elles existent, sont corrigées en quelques heures, pas en quelques semaines après un rapport client. C’est la loi de Linus : « Given enough eyeballs, all bugs are shallow ». Plus il y a de yeux, plus les bugs sont superficiels. Et puis, vos données restent chez vous. Vous n’avez pas besoin de faire confiance à un serveur américain qui pourrait être subpoenad par un tribunal étranger.
Que se passe-t-il si Kevin arrête demain ? Mon outil disparaît ?
C’est la question que tout le monde pose, et c’est légitime. Si demain Kevin décide de tout plaquer pour devenir berger en Patagonie — ce dont je doute fort, il semble vraiment passionné — le code reste. C’est la magie de la licence open source. N’importe quel développeur PHP peut reprendre le flambeau. La communauté est déjà large, avec des contributeurs réguliers en Allemagne, en France, aux États-Unis. Kimai ne dépend pas d’une seule personne, même si c’est Kevin qui tient la barque. C’est d’ailleurs pour ça que beaucoup d’entreprises choisissent des solutions open source pour des outils critiques : elles ne veulent pas dépendre du business model d’un startuppeur qui pourrait faire faillite demain.
Je suis sous Toggl depuis trois ans. Je vais tout perdre en changeant ?
Non, vous ne perdrez rien. Kimai accepte les imports CSV depuis la plupart des concurrents majeurs. Toggl, Harvest, Clockify… vous exportez vos données historiques, vous les importez en quelques clics. L’architecture de Kimai est d’ailleurs assez flexible pour absorber des années d’historique sans broncher. J’ai vu des cabinets comptables migrer cinq ans de temps de travail de dix collaborateurs en moins d’une heure. Le plus long, c’est souvent de convaincre l’équipe que le changement ne va pas tout casser. La technique, elle, suit sans difficulté.
Il y a une appli mobile, ou je suis coincé devant mon ordi ?
Il existe Kimai Mobile, une application tierce disponible sur iOS et Android. Elle se synchronise avec votre instance via l’API. Ce n’est pas une appli native ultra-polie comme celle de Toggl, c’est vrai. Mais elle fait le job : lancer un timer, changer de projet, consulter ses statistiques quotidiennes. Pour les puristes, il existe aussi Progressive Web Apps (PWA) qui fonctionnent directement dans le navigateur du téléphone, sans téléchargement. Et puis, avouons-le, combien de fois avez-vous vraiment besoin de time tracker depuis votre canapé ? La plupart du temps, c’est au bureau que ça se passe.
C’est fait pour qui, exactement ? Seulement les informaticiens ?
Au début, peut-être. Mais aujourd’hui, Kimai sert des avocats, des architectes, des consultants en management, des associations étudiantes. Daniel Kehne, par exemple, dirige une association qui emploie quarante personnes. Pas une startup tech, une association sociale. Ils gèrent les temps, les congés, les arrêts maladie. L’open source n’est plus réservé aux barbus de la tech. C’est devenu une option crédible pour toute organisation qui veut maîtriser son outillage sans casser sa tirelire.



