On a tous cette image gravée en tête. Celle d’Alan Rickman, drapé dans sa robe noire, l’air dédaigneux, traînant ses syllabes comme si chaque mot lui coûtait une fortune personnelle. C’est le Severus Rogue qu’on aime, celui avec qui on a grandi. Mais soyons honnêtes deux minutes : dans les livres, Rogue n’avait qu’une trentaine d’années lorsque Harry a débarqué à Poudlard. Eh oui. C’est là que HBO frappe fort. Oubliez le copier-coller nostalgique ; la série Harry Potter prend un virage serré, et au volant, on trouve Paapa Essiedu.
Ce choix, il surprend, il détonne… mais est-ce qu’il ne serait pas exactement ce dont on avait besoin ?
Un Rogue qui a l’âge du rôle (pour de vrai)
C’est officiel depuis quelques mois, c’est Paapa Essiedu qui reprendra le flambeau. Si vous avez vu I May Destroy You, vous savez déjà que ce type possède une intensité de jeu assez… déconcertante. Il est capable de passer d’une vulnérabilité totale à une froideur glaçante en un clignement d’œil. C’est pile ce qu’il faut pour incarner un maître des potions torturé, non ?
Ce qui est fascinant ici, c’est le retour aux sources. JK Rowling a toujours décrit un Rogue jeune, aigri par une vie qui ne lui a fait aucun cadeau, pas un homme de 60 ans posé. Essiedu, avec sa trentaine canonique, va nous offrir une énergie totalement différente. Plus vive, peut-être plus dangereuse. Une sorte de prédateur blessé plutôt qu’un vieux sage amer.
D’ailleurs, vous saviez que ce rôle, c’est un peu le destin qui frappe à sa porte d’une drôle de manière ?

L’acteur qui a failli finir sous un bus (littéralement)
Il faut que je vous raconte ça. Quand Paapa a décroché son premier grand rôle prestigieux – celui de Hamlet pour la Royal Shakespeare Company, rien que ça –, sa réaction a été tellement physique qu’elle a failli lui coûter la vie. On n’est pas dans l’exagération.
Le gars marche sur Holborn High Street à Londres, son téléphone sonne, son agent lui annonce la nouvelle. L’euphorie est telle qu’il en oublie le monde autour de lui et traverse la rue sans regarder. Résultat ? Il a manqué de se faire écraser par un bus à quelques centimètres près. C’est assez ironique quand on y pense : survivre à Shakespeare pour finir sous un bus à impériale. Espérons qu’il ait gardé un peu plus de sang-froid en apprenant pour Rogue, parce que Poudlard a besoin de lui en un seul morceau.
Mais attendez, parce que son parcours est loin d’être linéaire.
De la médecine aux cachots de Poudlard
Ce qui donne cette profondeur au jeu d’Essiedu, c’est peut-être qu’il n’a pas passé sa vie à rêver de tapis rouges. Gamin, dans l’Est de Londres, il ne se voyait pas du tout acteur. Son plan A, c’était docteur. Genre, vraiment. Il avait les notes, l’ambition, tout était tracé pour une carrière en médecine.
Le théâtre ? C’est arrivé un peu par hasard, sur le tard. Une sorte d’accident heureux. Et c’est peut-être ça qui rend son profil si intéressant pour Rogue. Severus est un personnage brillant, méticuleux, presque scientifique dans son approche de la magie (le Prince de Sang-Mêlé, rappelez-vous), mais qui a dû emprunter des chemins de traverse sombres. Essiedu n’est pas un “enfant de la balle”, il a ce côté terre-à-terre, cette gravité de celui qui a envisagé une “vraie” vie avant de se lancer dans la fiction.
Cela dit, succéder à Rickman, c’est un peu comme essayer de repeindre la Joconde… ça va grincer des dents.
Le défi de l’ombre
On ne va pas se mentir, la pression est monumentale. Les puristes vont analyser chaque froncement de sourcil, chaque mouvement de cape. Il y a eu des débats, forcément, sur le casting. Mais si sa performance dans Gangs of London ou The Lazarus Project est un indice, Paapa Essiedu ne va pas essayer d’imiter son prédécesseur. Ce serait du suicide artistique.
Il va créer son Rogue. Un Rogue qui, on l’espère, nous fera redécouvrir pourquoi on a tant détesté (puis adoré) ce professeur de Potions. La série arrive bientôt, et franchement, j’ai hâte de voir la première retenue qu’il donnera à Harry.
Reste une question : aura-t-il la voix ? Parce que le “Mister… Potter” de Rickman, c’est quand même sacré.




