Vous pensiez qu’un assistant IA local exigeait forcément une machine de guerre ? Détrompez-vous. PicoClaw débarque avec son empreinte mémoire ridicule de 10 mégaoctets et remet en question tout ce qu’on croyait savoir sur les agents autonomes. Face à lui, OpenClaw fait figure de mastodonte avec ses 1 à 16 Go de RAM, mais cette voracité cache une polyvalence que son rival ultra-léger ne peut même pas approcher. Alors, simplicité radicale ou puissance brute ? Le match est moins évident qu’il n’y paraît.
Le test qui change tout
Un ingénieur DevOps m’a raconté son expérience : deux heures pour construire un pipeline de déploiement complet avec OpenClaw – clone du repo Git, exécution des tests, build Docker, push vers le registre, notification Slack en cas d’échec. Tout ça en langage naturel, sans écrire une seule ligne de script bash. Puis il a voulu faire pareil avec PicoClaw. Résultat ? Impossible sans développer des scripts externes et gérer l’orchestration manuellement.
Mais quelques semaines plus tard, même ingénieur, autre problème : surveiller trois capteurs de température industriels et envoyer une alerte Telegram si ça dépasse 40°C. Cette fois, PicoClaw suffit largement, il peut tourner pendant six mois sur un vieux routeur TP-Link à 10 dollars retrouvé dans un tiroir. OpenClaw aurait fait le job aussi, certes, mais en consommant 100 fois plus de ressources pour une tâche qui n’en demandait pas tant.
Voilà toute la nuance. Deux outils, deux univers, deux logiques d’usage qui ne se recoupent presque jamais.

Philosophies opposées : le code raconte l’histoire
PicoClaw tient dans moins de 10 Mo de RAM – soit 99% plus léger qu’OpenClaw qui en réclame au minimum 1 Go, et préfère franchement entre 2 et 16 Go pour respirer à l’aise. Environ 4 000 lignes en Go d’un côté, plus de 430 000 lignes en TypeScript de l’autre. Cette différence n’est pas qu’une prouesse pour épater la galerie. Elle permet à PicoClaw de tourner sur un routeur OpenWrt à 10 dollars, là où OpenClaw demande carrément un Mac mini à 599 dollars ou un PC équipé.
Le temps de démarrage ? Sur un processeur monocœur à 800 MHz (autant dire un dinosaure de l’informatique), PicoClaw s’éveille en moins d’une seconde. OpenClaw patiente plus de 500 secondes – près de neuf minutes à attendre sans rien faire. Pour des capteurs IoT ou des équipements industriels qui redémarrent fréquemment, cette réactivité transforme l’usage quotidien. Un développeur embarqué me l’a confié : “J’ai testé OpenClaw sur un Raspberry Pi 3. Je regardais le terminal comme on surveille une cafetière italienne – ça monte, ça monte, ça prend son temps. Avec PicoClaw, c’est instantané, genre tu cliques et c’est déjà parti.” Quatre cents fois moins de temps d’attente, ce n’est pas anodin.
Détail surprenant : 95% du code de PicoClaw a été généré par une IA elle-même, dans un processus de “self-bootstrapping” supervisé par des humains. L’agent a piloté sa propre migration architecturale de Python vers Go, optimisant chaque fonction pour l’efficacité. Résultat : un binaire unique portable sur RISC-V, ARM et x86, sans dépendance externe.
OpenClaw, de son côté, a explosé avec 100 000 étoiles GitHub en seulement deux mois après son lancement fin 2025. Une communauté massive de 140 000+ contributeurs enrichit constamment son écosystème. Deux approches du développement, deux visions de ce que doit être un assistant IA.
Connexions : l’un parle 12 langues, l’autre quatre
OpenClaw prend en charge 12 plateformes de messagerie majeures : WhatsApp (via Baileys), Telegram, Discord, Slack, Signal, Matrix, Microsoft Teams, iMessage (via BlueBubbles ou imsg), Nextcloud Talk, Nostr, Tlon Messenger, Zalo et même un WebChat intégré. Ces connexions ne se limitent pas à échanger des messages basiques – il gère les interactions riches comme les boutons, les modals Slack, les slash commands Discord, et maintient une communication bidirectionnelle fluide sur tous ces canaux. Vous commencez une conversation sur WhatsApp, vous la continuez sur Telegram, l’assistant conserve tout le contexte.
Une startup parisienne que je connais utilise OpenClaw pour synchroniser 13 canaux différents : Slack interne, support client via WhatsApp, notifications Signal pour l’équipe sécurité. Impossible avec PicoClaw.
Car PicoClaw se concentre sur quatre points d’accès : ligne de commande, Telegram, Discord, et recherche web via l’API Brave. Pas de Slack avancé, pas de WhatsApp, pas d’intégration Teams pour orchestrer vos workflows d’entreprise. Cette sobriété réduit drastiquement les dépendances et conserve son empreinte minuscule.
Anecdote amusante : un ingénieur DevOps a voulu connecter PicoClaw à Slack pour son équipe. Après deux heures de bidouillage, il a fini par brancher un webhook artisanal qui envoie des messages Telegram… vers un bot Slack. Ça fonctionne, mais c’est du bricolage pur. Avec OpenClaw, tout est natif.
Ce que chacun sait vraiment faire
OpenClaw manipule directement votre système avec des commandes shell du genre mv /downloads/*.pdf /documents au lieu de simuler des clics visuels sur des icônes. Il pilote des navigateurs via Puppeteer ou Playwright, exécute des scripts bash complexes, accède à votre calendrier, se souvient du contexte au fil du temps – vos préférences, vos tâches en cours, vos instructions antérieures. Il détecte l’intention derrière vos messages conversationnels et les traduit en actions exécutables. Vous voulez automatiser un workflow multi-étapes impliquant trois applications différentes ? OpenClaw orchestre ça nativement, avec ses 700+ skills extensibles.
PicoClaw partage cette philosophie “headless” mais avec une palette d’actions nettement plus restreinte : planification de tâches, logs, recherches web, automatisations basiques. Pas de contrôle navigateur. Pas d’exécution de scripts bash complexes. Pas d’accès calendrier sans passer par des intégrations externes bricolées. La documentation ne mentionne pas explicitement de mémoire conversationnelle persistante.
Concrètement ? Si vous surveillez des capteurs de température et envoyez une alerte Telegram à 40°C, PicoClaw suffit largement – et consomme 100 fois moins de ressources. Si vous construisez un assistant qui résume vos e-mails, met à jour votre CRM, lance des builds automatiques et notifie cinq canaux différents selon le contexte, alors OpenClaw devient indispensable.
Vous pouvez même connecter OpenClaw à Latenode via MCP pour accéder à plus de 1 000 applications tierces : CRM, e-mail, webhooks, tout le tintouin.
Le prix de la liberté
OpenClaw offre un accès système complet : lire, écrire, supprimer des fichiers, exécuter des scripts bash, interroger des API tierces. Cette liberté comporte des risques évidents. Une formulation ambiguë (“nettoie mes vieux fichiers”) peut mener à des suppressions involontaires. L’intégration avec 50+ plateformes multiplie aussi les surfaces d’attaque potentielles – chaque canal supplémentaire est une porte d’entrée possible.
PicoClaw limite volontairement ses permissions. Pas de contrôle navigateur, pas de modifications système profondes, juste les actions essentielles pour automatiser des tâches ciblées. Moins de permissions, moins de risques. Pour un capteur industriel qui tourne six mois sans surveillance humaine, c’est précieux.
La communauté massive d’OpenClaw (140 000+ étoiles GitHub) contribue à identifier et corriger rapidement les vulnérabilités. Mais elle signifie aussi que le code évolue vite – parfois trop vite pour des environnements critiques où la stabilité prime.
Deux outils, deux mondes
PicoClaw transforme du matériel abandonné en assistant fonctionnel : un routeur OpenWrt, un Raspberry Pi Zero, même une clé USB bootable Linux. Vous le déployez en une commande, vous éditez un fichier texte pour ajouter vos clés API (GPT, Brave Search), et c’est parti. Il convient aux environnements ultra-contraints où chaque mégaoctet compte et où les tâches restent définies – surveillance industrielle, notifications simples, logs automatisés, alertes IoT.
OpenClaw exige des ressources sérieuses mais délivre une puissance qu’aucun agent ultra-léger ne peut égaler. Orchestration multi-agents, intégration avec une dizaine de services tiers, mémoire contextuelle qui survit plusieurs jours, automatisation navigateur, exécution de scripts bash complexes. Un Mac mini à 599 dollars ou un PC équipé devient le minimum syndical.
Comme le résume un développeur blockchain : “L’un est un scalpel, l’autre une usine. Deux problèmes, deux échelles”.
La vraie question n’est donc pas “lequel est meilleur ?”, mais “quel problème dois-je résoudre, et avec quelles contraintes ?”.
PicoClaw redéfinit ce qu’on peut faire avec 10 Mo de RAM. OpenClaw repousse les limites de ce qu’un assistant local peut orchestrer. Entre minimalisme radical et maximalisme fonctionnel, maintenant vous savez pourquoi choisir l’un plutôt que l’autre – et surtout dans quelles situations chacun excelle vraiment.




